A Mamadou Lamine Traoré : à l’ami, au philosophe, au militant, à l’homme tout simplement

Issa N’diaye

Résumé


J’ai connu Mamadou Lamine Traoré vers le milieu des années 60. Nos chemins se sont croisés au Lycée Askia Mohamed. Il appartenait à la promotion qui nous précédait en Lettres Classiques. Je me rappelle ce jeune lycéen élancé déjà dont la démarche souple et allongée me faisait penser aux pas hésitants du caméléon qui scrute le terrain avant de s’y aventurer, comme s’il avait déjà à déchiffrer avec prudence les embûches de la vie.
Mamadou Lamine était d’une très grande timidité qui le rendait très peu communicatif. Pourtant il savait quelques rares fois, être chaleureux avec ceux qui réussissaient avec
beaucoup de peine à pénétrer dans son intimité. Il portait en lui des blessures profondes qui lui
venaient certainement de son enfance. Quelque part la vie l’avait déjà blessé pour toujours.
Les coups qu’il allait prendre par la suite dans son combat militant, l’enlèvement et la
bastonnade qui lui creva le tympan sous la dictature militaire, les exigences de la lutte
clandestine, le conduisirent souvent à une prudence certes indispensable en la matière mais
qui était souvent, à bien d’égards excessive. Les déchirures brutales vécues au cours de la
gestion du pouvoir, les luttes intestines et les séparations douloureuses avec bien de ses amis
politiques de longue date, finirent certainement par exacerber sa susceptibilité devenue au
final presque maladive.


Texte intégral :

PDF

Renvois

  • Il n'y a présentement aucun renvoi.