Dynamiques urbaines et inondations à Bamako : étude d’un processus de vulnérabilité en commune IV du district

Dr. Siaka Ballo

Résumé


L'extension spatiale de Bamako, comme celle de la plupart des grandes villes d'Afrique, n'a pas retenu autant d'attention que sa croissance démographique. Cette extension, entretenue par une crise aiguë de logement et par une spéculation foncière renforcée, paraît pourtant inquiétante à cause des divers problèmes qu'elle crée: difficultés d'aménagement, d'équipement, de logement etc. L'extension est d'autant plus inquiétante qu'elle semble se dérouler en dehors des programmations du Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme (SDAU).

En commune IV du district de Bamako, plus de 82% des parcelles inondées lors des inondations récurrentes sont situées dans les servitudes et lits des cours d’eau et, ces parcelles ont été attribuées par la mairie. En plus, 18% des parcelles inondées sont des habitats spontanés, ou des installations anarchiques. Ce qui a provoqué des inondations historiques comme celle de la journée du mercredi 28 aout 2013 à la suite d’une pluie diluvienne de
85mm. Cependant, les facteurs sous-jacents de ces inondations sont l’occupation anarchique des lits et servitudes des cours d’eau et au non curage des ouvrages de drainage. Plusieurs localités de la commune sont submergées par les eaux, ce sont : Lafiabougou Bougoudani, Lafiabougou-Taliko, Sebeninkoro et quelques secteurs de Djikoroni.
Les dommages enregistrés sont impressionnants: 3 décès, 168 maisons effondrées, 789 ménages (regroupant 7077 personnes) sinistrés, des ponts, des vivres et ustensiles de cuisines, des moyens de locomotion, du bétail et de la volaille, des documents administratifs pour ne citer que ceux-ci. L’impact de l’inondation sur les activités socio-économiques également a provoqué un véritable désastre. Deux sites de regroupement ont servi de refuge temporaire aux sinistrés, ce sont les écoles d’Aminata Diop et l’école fondamentale de Taliko. Après les inondations historiques du 28 aout 2013, des opérations de démolition aux conséquences sociales douloureuses ont été opérées dans certains secteurs pour mettre les occupants à l’abri des eaux torrentielles. Mais il n’en demeure pas moins des milliers de personnes qui restent encore directement exposées aux crues des rivières.

 

The spatial extension of Bamako, as in most big cities of Africa, has not been given the attention that it really deserves as it has been the case with its population growth. This spatial extension has been favoured by a serious shortage of accommodations and a growing speculation around the land ownership in Bamako. It yet appears to be a scary situation because of the many problems that it has engendered: problems of land’s development,
equipment, housing, etc. The extension of Bamako has taken a worrying dimension to the extent that it seems to be done out of the normal urban development plan (SDAU). More than 82% of houses were flooded following the recurrent flooding in commune IV of Bamako and all these houses were located in the surroundings and within the banks of watercourses. The
plots, on which these houses were built, were given to the inhabitants of this zone by the town hall. In addition, 18% of the flooded plots are either spontaneous or anarchic settlements. This led to historic flooding in the commune, especially the one on 28th , August 2013 which was
caused by a torrential rain reaching 85 mm.Yet, the underlying factors of this flooding are due to the anarchic occupation of the watercourses’ banks and surroundings as well as the noncleaning out of the draining canals. Several districts of the commune, such as Lafiabougou Bougoudani, Lafiabougou-Taliko, Sebeninkoro and some sectors in Djikoroni, are submerged
by water. The damage done is impressive: 3 deaths, 168 houses destroyed, 789 households (gathering 7077 persons) disaster-stricken, some bridges, foodstuffs, dishes, means of transportation, cattle, poultry, administrative documents and many other things were all destroyed by the flooding. The impact of flooding on the socio-economic activities has also provoked an actual disaster. The victims were gathered in two temporary sites which are the schools called “les écoles d’Aminata Diop” and “l’école fondamentale de Taliko”. After this historic flooding of 28th, August 2013, some operations of demolition with huge social consequences were implemented in certain sectors to protect the inhabitants against future torrential rains. In spite of this, there are thousands of people who are still directly exposed to the rise in the water level.


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